Printemps arabes, 10 ans 

Ce début d’année 2021 permet à beaucoup d’organes de presse de célébrer la décennie des « printemps arabes ».


L’hebdomadaire Le 1du 6 janvier (n° 328) nous donne un ensemble bien composé, fiable, avec comme grand article de fond celui de Robert Solé, analyse simple et nuancée dont la conclusion mérite d’être citée : « Les peuples arabes savent maintenant qu’il ne suffit pas de renverser un régime autoritaire pour obtenir une démocratie. Ailleurs dans le monde, le chemin a toujours été long et douloureux. Refusant de désespérer, les citoyens les plus engagés ou les plus lucides tentent, selon la formule de Gramsci, d’allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ».

Le Monde du 17-18 janvier nous donne un supplément de 12 pages, « Printemps arabes, la révolution inachevée » sous-titré « Dix ans après la vague de soulèvements, le renouveau espéré n’a pas eu lieu. Mais la réplique de 2019 ouvre de nouvelles perspectives. Du Maroc au Yemen, les peuples aspirent toujours à des changements radicaux ». Sur la quinzaine d’articles, que nous dit-on du Maghreb ? Que la crédibilité du régime algérien est toujours aussi faible, que la fragilité du Maroc est sensible dans les « quartiers » urbains (mais que dire du Rif ?). Les espoirs sont fragiles en Tunisie, mais les initiatives culturelles urbaines comme l’affirmation des droits des homosexuels témoignent d’une ouverture exceptionnelle : ce n’est pas par hasard que le prix Nobel de la paix de 2015 a été attribué au « quartet du dialogue national » tunisien qui a permis la vie démocratique (Ligue des droits de l’homme, Ordre des avocats, Syndicat des salariés, Organisation patronale).

Et rappelons que lors du MODEL 2020, la table ronde la plus « chaude » donnait la parole, entre autres à Luis Martinez, pour L’Afrique du Nord après les révoltes arabes,http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2022. A retrouver sur youtube https://www.youtube.com/watch?v=hsJfH0SD0I8

Résumer tous ces textes serait impossible, mais quelques pistes se dégagent : Que la contagion contestatrice puisse se faire rapidement entre pays arabes est évident : communauté d’une « langue savante » (pour la poésie) et des chansons et slogans, pour l’essentiel communauté de religion et communauté de trajectoires coloniales y pousse. Mais les pouvoirs en place que l’on veut faire « dégager » sont extrêmement différents, même si les modèles autoritaires se ressemblent. Autre ressemblance, une inventivité dans la protestation, mais de très faibles pratiques de la négociation et du compromis politique au sein de ces groupes opposants…  face à des « puissants »  eux-mêmes généralement très divisés, sauf pour garder en main les outils de leur pouvoir (des armes, du pétrole, l’argument « c’est moi (ou nous), sinon c’est le chaos et les djihadistes »).

Marc
Author: Marc

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