Réunion du 10 novembre 2006

Compte-rendu de la Réunion de Coup de Soleil à Toulouse le 10 novembre 2006 Entre «les filtres» et «Larrazet», la réunion de mise en place de nos projets.
Étaient présents : Georges, Réda, Moumouh, Michel Terral, Annelise, Nabil, Sabbah, Mahfoud, Claudine, Dominique T, Mohammed, Marc.
Mohammed attaque la réunion en évoquant une peintre illustratrice, Marie Ciosi, venue récemment dans sa librairie. D’origine corse, née en Algérie, elle fait des dessins représentant souvent des femmes et des tableaux qui ressemblent un peu à du Loustal (Loustal est un auteur de bandes dessinnées, qui a pas mal travaillé avec le scénariste Paringaux). Elle doit exposer dans la librairie de Mohammed. Mohammed propose de faire une sélection de textes d’auteurs femmes du Maghreb et que M. Ciosi en fasse les illustrations. Ce qui pourrait donner lieu à un recueil imprimé pour le 8 mars. On parle de ce projet et de son contenu: un éclairage historique sur la lutte des femmes, puis les illustrations et parties littéraires… Cependant mettre en place un projet éditorial (ce qui suppose trouver les fonds etc) dans un laps de temps aussi court n’est pas très évident.

Moumouh rappelle que l’objet du 8 mars est avant tout de faire connaître les luttes des femmes qui militent actuellement pour défendre leurs droits… et que l’urgence est de travailler sur les conditions de vie des femmes maghrébines et des choix politiques que cela sous-tend, davantage que de travailler sur un projet artistique. Ce projet artistique pourra bien sûr trouver sa place sur du plus long terme et dans un cadre plus adapté !

Au fil de la discussion, on aborde des sujets qui seront probablement à reprendre :
– l’application en France, du Code de la famille des pays du Maghreb ;
– la notion de respect du droit coutumier. Nabil cite en exemple le cas de quelqu’un de sa connaissance. Le père, algérien d’origine, de nationalité française, passe sa vie en France et touche une retraite correcte. Il laisse, à sa mort, une forte somme d’argent sur un compte bancaire français, sans avoir rédigé de testament. Ses trois enfants, deux garçons et une fille, vivent en Algérie et sont de nationalité algérienne. Au moment de toucher l’héritage de leur père, le droit coutumier s’applique. Selon la loi islamique, le leg est divisé en cinq parts : chaque garçon touche deux parts, la fille une seule. Le droit coutumier est également respecté lors d’un mariage mixte en France : renseignement est pris pour voir si il n’y a pas contradiction entre la loi française et la loi du pays d’origine du ou de la marié(e). (L’âge légal du mariage, n’est pas le même dans tous les pays, par exemple.) Le Code la famille ou la loi islamique peut donc prévaloir sur le droit français dans ce cas. Mohammed explique que le droit islamique s’est différencié du Droit napoléonien (aujourd’hui appliqué partout ou presque) lors de la colonisation, alors que le droit napoléonien s’appliquait aux  » colons  » et le droit islamique aux indigènes « .
On évoque plusieurs assos qui pourraient être éventuellement partenaires : le mouvement des femmes de Toulouse (Marc), Femmes contre les Intégrismes à Lyon (Georges). Des bénévoles et des avocats informent les femmes sur leurs droits. Femmes Plurielles à Orléans la Source (Annelise). Association d’alphabétisation pour les femmes étrangères où milite la mère d’Annelise, qui a fait un travail sur le Code de la Famille des différents pays du Maghreb et un comparatif des trois.
L’idée est de faire une sorte de conférence réunissant des militant(e)s d’associations de droit des femmes. L’idéal serait d’avoir l’intervention d’un(e) juriste. Les interventions pourraient se dérouler dans un quartier populaire de Toulouse, de façon à toucher au maximum les femmes maghrébines concernées. On pense à la maison des chômeurs à Bagatelle, TO7 à la Reynerie, la Maison de la Justice pour assurer le relai de l’information auprès des personnes concernées, la Cimade, les assis-tantes sociales… Cette réunion pourra se faire sur une après-midi, de préférence avec du thé et des gâteaux…
Dans une seconde partie, on pourrait accueillir une militante (ou un, si ça existe !!) des Droits des femmes venue directement du Maghreb, qui expliquerait ce qu’elle fait. Faire venir quelqu’un n’est pas chose facile (il suffit de voir le papier de la mairie de Toulouse avec la liste des documents à fournir lorsqu’on veut héberger quelqu’un de sa famille pour s’en rendre compte !!) et peut-être qu’il y aura déjà des personnalités invitées par Coup de Soleil national ou par une autre association à cette période de l’année… qui pourraient faire un crochet par Toulouse ! Sinon, Coup de Soleil aurait de bonnes relations avec l’Ambassade de France en Algérie, parait-il… ça peut aider !! On pense aussi (d’abord !!) à Hassina qui pourrait parler de son combat à Alger durant les années sombres?…
Une troisième partie pourrait être consacrée au cinéma, avec un projection de film. Moumouh évoque la Kaîna, Khadra Zinaï Khoudil (l’un de ses films raconte l’histoire d’une femme qui se révolte contre son mari et sa famille : on la dit folle, possédée par un djinn, plutôt que de reconnaître sa révolte), Hakima Djahnine.
On pense à des personnalités qui habitent en France, comme Biyouna (actrice), ou Djura (ex chanteuse de Djurdjura). Fatima Merdici (prof de socio) Nourdine Saadi (prof de droit et militant) pour faire des interventions.
Voici la forme que pourrait prendre notre huit mars : Le 8 mars tombe un jeudi. On peut donc faire l’événement sur un week-end en amont ou en aval, en s’arrangeant pour que ça soit compatible avec les activités des autres associations qui travaillent sur ce thème.
Un samedi après-midi : explication aux femmes avec des militantes d’associations + un juriste de Lyon ou Toulouse. On invite les femmes des quartiers. Voir avec Ourdia qui connait bien les assos de quartier. (Annelise, Sabbah) et quelles peuvent être les assos partenaires (Annelise, Sabbah, Georges) Samedi soir : militante de là-bas qui parle de la lutte des femmes dans son pays. (Michel, Claudine, Marc). Dans le même lieu que l’après-midi, par choix : les intellos du centre ville n’auront qu’à se déplacer !!
Un autre soir : projection de film (Hassina, Georges et Michel) avec Kaïna ? suivie de débat et couscous ! (Mahfoud, Réda) Durant la semaine : expo dans la librairie de Mohammed.
Ce compte rendu a été rédigé par Annelise et revu par Marc.
Le prochain rendez-vous VENDREDI 24 NOVEMBRE dans un lieu qui n’est pas encore fixé, avec comme consigne de parler aussi des projets que nous voulons monter là-bas.

Marc
Author: Marc

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