Lancement de Coup de Soleil le 19 novembre 2005

(billet réservé aux abonné·es)

 

Ce n’est bien sur qu’un point de vue personnel d’après mes notes, susceptible d’être amélioré et modifié par vos perceptions différentes de l’événement, de ce qui s’y est produit et raconté.

Georges Morin de Coup de Soleil Paris est arrivé à Matabiau et nous l’avons accueilli, Georges Rivière et moi. Nous avons été à la Pizzeria de Zoubir et, petit-à-petit nos invités sont arrivés.

Nous étions donc 12 à table autour d’un repas préparé par Zoubir. Il y avait donc Claudine Nissou-Mokeddem et Catherine Kasmi, Jean Guiral, Marc Bernard, Dominique et Michel Martre, Hafid Saîdi, Zoubir Nait Hamoud, Georges Rivière et Hassina Hamaïli ainsi que Michele Rodary de Coup de Soleil de Languedoc-Roussillon. N’avaient pas pu venir mais sont intéressés à nos discussions: Omar et Jacqueline Ramoul, Colette Valat, Jean-François et Anne Laporte, Michel et Christiane Rouffet-Escu-dié.

Notre réunion a commencé, tout en mangeant, par une présentation où toutes et tous ont raconté leur rapport au  » Maghreb » en général et à l’Algérie en particulier . Je ne peux pas rentrer dans le détail, nous aurions dû peut-être enregistrer ce qui s’est dit, mes notes sont obligatoirement réductrices, mais ce tour de table qui a duré presque trois heures, a été un formidable voyage dans le temps, l’Histoire, la mémoire, les parcours individuels et collectifs, les villes et les villages de « là-bas » et d’ici, qui a brassé (au moins) trois guerres, des peuples, des cultures différentes, mais ou « l’autre rive » a toujours été célébrée avec amour.

Catherine est mariée avec un peintre algérien, de la région de Tlemcen, ses enfants et son gendre travaillent aussi sur la mémoire algérienne.

Claudine qui a été dans la coopération en 76 à Baba Hassen (près de Douera) et était prof. d’anglais à l’université d’Alger (département Interprétariat-traduction) puis au lycée Descartes.

Moi-même qui écrit sur la mémoire de ma mère, algéroise, « merlinette », qui s’installe à Paris en 1947 à partir de son courrier des années de la guerre d’Algérie.

Michelle, prof de maths, qui a été aussi dans la coopération en Algérie et qui, revenue en France, s’est retrouvée à Coup de Soleil à Paris puis à Montpellier. Du coup Michelle nous raconte les différentes actions menées par l’association Languedoc-Roussillon.

Dominique, bretonne, sa rencontre avec un pied-noir, devient prof en Kabylie et qui, maintenant, rédige une thèse d’ethnologie sur le village de Mechdallah (ex Maillot).

Michel, graphiste et peintre, né à El-Biar, qui connaît l’Algérie par 2 femmes : sa nounou qui l’a élevé en Algérie et par Dominique. Qui rajoute : Depuis que je le connaît, j’avais 22 ans et revenait tout juste de M’chedallah où j’avais passé un an comme enseignante, je le bassine sur l’Algérie et le fais participer à tous mes travaux.

Hafid, sociologue, qui est né à Salsigne, dans l’Aude, d’un père mineur venu de Bougie, et qui raconte les immigrations. Il a écrit un livre « L’émigration en question ». C’est lui qui lance notre premier débat sur l’utilisation du mot Maghreb (à l’ouest, mais à l’ouest de quoi?) qu’il refuse, préférant Afrique du Nord, ce que certains jugent un mot marqué par la colonisation. (Exemple d’échange dans ce débat : Georges M.: Il faut assumer l’arabité du Maghreb, aussi! / Hassinah: Il faut une culture globale et donc avec tous ses apports: de St Augustin à l’Arabe, en passant par les Berbères et le Français. (Voir Kateb Yacine et Jean Sénac).

Georges R. qui parle de la marche des femmes à Alger en 1994, des années du terrorisme islamiste, de la lutte des démocrates, de l’accueil des rescapés en France, de la répression du printemps noir de Kabylie… et de son engagement dans Ayda, puis du projet Caravane et ensuite d’Arcam. Il pense que l’Algérie ne s’en sortira pas sans l’abrogation du code de la famille, la diversité culturelle, et la laïcité comme moyen pour construire une démocratie, donc sans l’abolition de l’article 2 de la Constitution.

Hassina, algérienne, militante féministe de gauche venue en France en juin 1997, revient sur son engagement, sur la montée de l’islamisme, où le choix était entre mourir enfermée chez soi, à petit feu, ou sortir dans la rue et mourir égorgée. « La société algérienne est à la recherche d’un modèle de société… heureusement qu’il y a eu les femmes!  »

Jean, qui est parti à 17 ans faire l’École Normale à Tunis puis le service militaire pendant la guerre d’Algérie et qui, après toute une carrière dans l’enseignement a rencontré Coup de Soleil à Villeneuve-sur-Lot. Il a participé à l’association Asma du Quercy. Il relance le débat en rappelant que El Djezaïr est un mot turc qui date de la soumission à l’empire Ottoman.

Zoubir, notre hôte, un ex-libraire itinérant de Blida, militant de Ettanadi, devenu dans l’exil pizzaiolo, militant-culturel et fondateur de l’association Atlas, qui parle des projets qu’il voudrait voir se réaliser comme celui d’un « salon algérien d’expression française » en hommage à Jean Sénac, ou d’une cave-poésie appelée Omar Khayam.

Georges M. est fondateur de Coup de Soleil. Il est né à Constantine, dans une ville ou  » un monde normal était un monde composé de Juifs, d’Européens et d’Arabes » et qui y a vécu jusqu’en 1966 (et ses parents jusqu’en 1979). Il se sent profondément Algérien. A son arrivée en France, il est marqué par l’ignorance crasse des français sur l’Algérie. Il fait des va-et-vient entre Grenoble et Paris, s’engage au PS et, en 1985 se retrouve avec une quinzaine de copains, mélange  » d’un monde normal  » très inquiets de la montée électorale du FN. Ils décident de se regrouper sur 2 axes: 1° montrer que le mélange est possible comme antidote au racisme et 2° jouer les contrepoisons en montrant tout ce que les Algériens ont apporté à la France, et pour ce faire et se servant de l’arme culturelle. Il fallait dire que le Maghreb était aussi ici. Il y avait urgence à abattre les murs entre Arabes, Juifs, Pieds Noirs et immigrés, entre harkis et Algériens, entre Maroc, Algérie et Tunisie… Donc Coup de Soleil se monte et regroupe, sur Paris, des cinéastes, des écrivains, des intellectuels… Donc à la fois brillants mais très parisiens… Petit-à-petit, Coup de Soleil émerge en province, d’abord à Avignon puis en Picardie, en Rhône-Alpes, dans l’Ouest-Parisien, en Languedoc-Roussillon… et apparaissent trois organisations sœurs Ains Chems au Maroc (Casablanca), en Algérie (Tlemcen) et en Tunisie (Tunis). Enfin il se créée une section départementale à Perpignan…

Georges Morin présente ensuite l’association: Il y a une seule association nationale Coup de Soleil et des associations locales qui font référence à l’association nationale et qui donc peuvent utiliser ce nom. Cela permet localement de la souplesse et de l’autonomie. Au niveau financier les cotisations sont versées à Paris qui en reverse la moitié aux associations locales. Donc Coup de Soleil apporte un nom, des principes et une aide. Il n’y a pas une section qui ressemble à une autre. Mais nous mutualisons beaucoup pour pouvoir partager les expériences (et aussi les frais de transports ou d’expositions…) Le local national est rue de Rivoli, mais ce n’est qu’un bureau.

La plus grosse activité de Coup de Soleil c’est l’organisation du festival « Maghreb des livres » qui fédère tout le monde, une fois par an à Paris. Depuis quelques années c’est organisé à l’Hôtel de Ville (Bertrand Delanoé est membre de Coup de Soleil). Pour la prochaine édition, la douzième, il y a 200 auteurs, 5000 livres, 4 tables rondes, des débats…
Coup de Soleil n’est pas seulement une association culturelle. Elle est ce que que nous en ferons. Par exemple l’activité de Coup de Soleil Languedoc-Roussillon dans le soutien aux handicapés moteurs en Algérie…
Hassina : par exemple l’insertion?
Gorges M. : Coup de Soleil Paris organise des réunions mensuelles, théâtre, cinéma, débats et des formations internes pour les militant(e)s. La dernière en date parlait de l’insertion par l’emploi.

Les propositions d’activités fusent… Hassina a des projets en direction des lycéen(ne)s… Claudine propose que nous rencontrions le cinéma  » Utopia  » qui, par exemple, organise prochainement une rencontre avec Henri Alleg…(Il sera à Utopia Tournefeuille le 8 décembre à 20h30. Il faut réserver.)

Et finalement nous décidons (à mains levées) de monter Coup de Soleil et de le monter régionalement: en Midi-Pyrénées. La première réunion aura lieu le 2 décembre à 18h. Nous discuterons des statuts et formerons le bureau.

Et c’est avec un réel plaisir, une amitié et le sentiment d’avoir passé un très beau moment ensemble que nous laissons Georges repartir vers Paris et Michelle vers Montpellier, en les remerciant chaleureusement de leur aide. Maintenant nous avons du pain sur la planche…

Marc

Nous serons heureux de vous recevoir le 2 décembre pour Coup de Soleil Midi-Pyrénées, en espérant que la qualité de la première rencontre que nous avons eue chez Zoubir prélude de la suite. Il y avait chez chacune et chacun un véritable engagement humain, chaque fois original, fort, vécu. Et nous pensons que ce sont toutes nos différences qui, parce que nous partageons par ailleurs des valeurs communes, enrichiront Coup de Soleil Toulouse.

Le 2 décembre nous discuterons sans doute des statuts, de notre organisation, mais déjà il serait bon que chacun-e réfléchisse à ce qu’il attend de Coup de Soleil, comme  » outil « , qu’il dise ce qu’il-elle aimerait faire grâce à cette association : projets, pratiques et désirs à mettre en œuvre, ensemble. Merci à toutes et à tous et à Marc qui nous a réunis.

Hassina et Georges

Prochaine rencontre de Coup de Soleil le 2 Décembre 2005 à 18h chez Hassina et Georges Hamaili-Rivière 16 chemin des izards 31200 – Toulouse

Marc
Author: Marc

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